L'Agriculteur de l'Aisne 27 juillet 2020 à 10h00 | Par Gaetane Trichet

La fin des néonicotinoïdes met la filière betteravière en danger

Une production amputée de 30 % dans le meilleur des cas, des pertes de rendements chiffrées à 100 millions d'euros, les chiffres donnent le tournis. La filière betteravière est en danger.

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La fin des néonicotinoïdes est une catastrophe pour les planteurs. En effet, cette année, la jaunisse est devenue hors de contrôle. Dans le sud de Paris, 100 % des parcelles sont touchées. C'est pourquoi, les responsables du Syndicat Betteravier de l'Aisne, de l'Union des Syndicats Agricoles de l'Aisne (USAA), de Jeunes Agriculteurs de l'Aisne (JA02), de l'Institut Technique de la Betterave (ITB) et de la coopérative Tereos, ont donné rendez-vous aux élus politiques dans un champ de betteraves à Besny-et-Loizy près de Laon dans l'Aisne, pour expliquer que les planteurs sont dans une impasse technique face aux pucerons verts, vecteur de la jaunisse.

Depuis des semaines, la CGB avec l'ensemble de la filière n'a eu de cesse d'alerter le gouvernement sur cette crise sanitaire sans précédent dans les betteraves pouvant engendrer des pertes de rendements historiques pour les planteurs mais aussi menacer des bassins de production entiers, les industries et des emplois. Les betteraviers ont besoin temps pour trouver une solution alternative efficace.

Les responsables agricoles ont demandé aux élus de faire pression sur le gouvernement pour que les graines de betteraves puissent être à nouveau pelliculées avec des néonicotinoïdes. «Nous demandons trois choses au gouvernement : 1, de travailler sur la loi et la modifier pour obtenir une extension de la dérogation, c'est urgent. 2, de prévoir un fonds d'indemnisation pour les planteurs. 3, 3, encourager l'INRAE, l'ITB et les semenciers à trouver des solutions pour demain» a assuré Guillaume Gandon, président du Syndicat betteravier de l'Aisne.

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Aucune logique environnementale

Pour Jean-Yves Bricout, président de l'USAA, pas de doute, la France est en train de perdre sa souveraineté alimentaire et industrielle. Il a rappelé que Tereos avait produit 200 000 litres de gel hydroalcoolique durant la crise du Covid et que cela avait été possible parce que les outils industriels sont sur le territoire. Idem pour l'agriculture. Car interdire en France des molécules pour ruiner des filières entières puis importer des produits cultivés à l'étranger avec ces mêmes molécules. Où est la logique ? Et la logique, il faut la chercher car les planteurs sont passés de 0 traitement avec un enrobage de la graine à 3 pour essayer d'enrayer les infestations de pucerons. Désastre environnemental, désastre économique, désastre humain ! «Nous donnons à l'Etat 6 semaines pour réagir. Si aucune décision en faveur d'une protection via l'enrobage des semences de betteraves n'est prise avant fin août, il y aura des actions très fortes, car on ne va pas mourir en silence !» a promis Guillaume Gandon.

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450 fois plus de néonicotinoïdes dans les colliers anti-puces pour chiens pour la même surface

La posologie entre une graine enrobée et un collier anti-puces-anti-tiques pour chiens ou chats est la même. Mais la concentration est beaucoup importante dans les colliers. «Pour un chien, sur une estimation d'un mètre carré de poils de surface, vous avez 450 fois plus de produits de matière active (néonicotinoïdes) sur un chien que sur 1 m2 carré de betteraves. Le chien est caressé par les enfants qui mettent leur main à la bouche. Nous n'avons pas connaissance de décès d'enfants liés aux néonicotinoïdes. Alors pourquoi c'est acceptable pour le chien, le chat et les enfants, et pourquoi pas pour des betteraves. On est au pied du mur» ont alarmé François Courtaux, de l'ITB, et Guillaume Gandon.

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