L'Agriculteur de l'Aisne 19 août 2021 a 09h00 | Par C.L.

USAA : mobilisation contre la berce du Caucasse

Le 28 juin, était organisé par l’USAA, une réunion afin de trouver des solutions contre la berce du Caucase qui colonise les berges de la Serre et de l’Aisne en particulier. Étaient invités les présidents d’arrondissement concernés, la Chambre d’agriculture de l’Aisne, la DDT, l’ADREE, la FREDON, l’Entente Aisne Oise, l’OFB... Hubert Compère coordonne ce dossier.

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- © Pixabay

Originaire du Caucase comme son nom l’indique, elle a été introduite en Europe du Nord et de l’Ouest au 19ème siècle. Elle fut d’abord cultivée comme plante ornementale dans les jardins botaniques d’où elle se dissémina. Après une période de latence, elle révéla son caractère invasif à partir du 20ème siècle.

Des coûts prodigieux en croissance constante

Les coûts économiques estimés par les scientifiques sont essentiellement représentés par les pertes environnementales et les dégâts causés aux espèces exotiques envahissantes. Ceux-ci sont estimés à près de 1 300 milliards de dollars en l'espace de 40 ans dans le monde, soit un coût annuel moyen de 26,8 milliards de dollars. Ces montants sont sous-estimés d’après l’ensemble des spé-cialistes. Ces coûts sont en croissance constante depuis 1970, avec un coût annuel moyen qui triple quasiment toutes les décennies, et sont causés par de nombreuses espèces. En France, 600 espèces invasives (moustique-tigre, ambroisie, ragondin, jussie, berce du Caucase...) sont présentes et l’Etat dépense 38 millions d’euros par an pour éviter leur prolifération et atténuer les dommages causés, a rappelé Hubert Compère, responsable du dossier plantes invasives de l’USAA. (Cf Page 5 de l'Agriculteur de l'Aisne du 20 août)

Un manque de prévention et de gestion

Les coûts d'investissement pour prévenir ou gérer ces espèces et leurs impacts sont dix à cent fois moins importants. «L'investissement financier fait par les autorités et les déci-deurs politiques est malheureusement trop faible et inconstant pour parvenir à limiter au maximum tous les coûts des dégâts collectifs» explique Hubert Compère. «Si l'on arrive à prévenir efficacement ces invasions biologiques, c'est-à-dire à empêcher l'introduction et la prolifération de ces espèces exotiques envahissantes, on parviendra à réduire, de manière substantielle, tous ces coûts. Alors qu'une fois que ces espèces sont durablement installées, il est beaucoup plus compliqué de pouvoir agir de manière suffisamment efficace».

C’est pourquoi, l’USAA a proposé aux différents partenaires de se réunir afin de réaliser ce travail collectif et d’en assurer la généralisation sur tous les territoires et toutes les espèces. Dans un premier temps, l’ADREE  a présenté un état des lieux sur la problématique de la berce du Caucase.

Après différents échanges, les participants s’accordent sur la méconnaissance de la présence et de l’impact de la berce du Caucase et d’autres espèces sur le territoire et le manque d’évaluation correcte sur les enjeux de gestion et de financement nécessaire. A ce titre, il sera important de prévoir une communication locale dans le 2ème semestre auprès des agriculteurs.

Tous les participants s’accordent à dire qu’il faut prendre le dossier en main rapidement et de proposer des solutions le long des berges, des cours d’eau  et hors cours d’eau pour gagner en efficacité.Pour cela, il a été demandé à la DDT d’apporter des éléments réglementaires concrets en septembre.En conclusion, cette lutte contre les espèces invasives ne revêt pas que les seuls enjeux environnementaux mais aussi des enjeux de  santé publique qui  doit préoccuper l’Etat, le Ministère de la santé publique et toute la population. Effectivement, l’ambroisie entraîne des allergies pulmonaires, le moustique tigre c’est le chikungunya, le ragondin c’est la leptospirose appelé communément «la maladie du rat», la berce du Caucase c’est l’équivalent de brûlures au 2ème degré voire au 3ème degré et les chenilles processionnaires, cul-brun entraînent des phénomènes urticants et peuvent déclencher des œdèmes de Quincke. Le groupe de travail a prévu de communiquer sur les éléments techniques et réglementaires.

C.L.

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