L'Agriculteur de l'Aisne 14 février 2022 a 14h00 | Par Christophe Soulard

Un Salon de l'agriculture très politique

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La 58e édition du Salon international de l'Agriculture sera bien entendu celle des retrouvailles. Les organisateurs, le CENECA et Comexposium ont d'ailleurs montré leur réel plaisir à vouloir faire de ce rendez-vous un moment de convivialité «fort et intense», après une édition 2021 annulée en raison du Covid. La crise sanitaire n'est pas terminée mais «il y avait une volonté politique et l'engouement est là», a affirmé Jean-Luc Poulain. Julien Denormandie l'a lui-même concédé : «nous avons bataillé pour que ce salon puisse avoir lieu». Il se tiendra donc, du 26 février au 6 mars dans le respect des règles sanitaires : pass vaccinal ; port du masque, aération des halls toutes les 10 minutes.

Vitrine de l'agriculture française, de son savoir-faire, de ses terroirs et de son excellence, ce salon sur lequel sont attendus environ 600 000 visiteurs, devrait, «être une caisse de résonance politique», a souligné le président du CENECA. Comme tous les salons en amont d'une élection présidentielle, les candidats, qu'ils aient reçus ou non l'intégralité de leurs 500 parrainages, arpenteront les allées pour y rencontrer les agriculteurs et diffuser leur programme agricole. Protocole oblige, c'est au chef de l'Etat, Emmanuel Macron, qu'est réservée la première journée d'inauguration, le samedi 26 février. Battra-t-il son record de présence établi à 14 heures en février 2019 ? Il laissera ensuite la place à ses potentiels concurrents. «Nous avons reçu des demandes», a laconiquement dit Jean-Luc Poulain, sans préciser lesquelles ni le calendrier des visites.

«Une aberration»

Placé sous le thème «Notre quotidien, votre avenir», la 58e édition du SIA cherche à cultiver le lien entre les Français et l'agriculture, à montrer "que nous pouvons être fiers de notre modèle agricole», selon les termes de Julien Denormandie. D'ailleurs les Français vont de plus en plus au salon «pour connaître les modes de production. Le SIA redonne de la transparence», a ajouté Jean-Luc Poulain. Pour le ministre de l'Agriculture, c'est aussi l'occasion d'ancrer la souveraineté alimentaire dans le quotidien. «Le consommateur vote trois fois par jour. Il faut discuter avec lui», a-t-il expliqué, reprochant, au passage, que le pouvoir d'achat des Français ait été financé par les agriculteurs. Il visait en particulier la Loi de modernisation de l'économie, votée en 2008 sous la gouvernement de François Fillon «Une folie, une aberration», a tranché Julien Denormandie. Au cours de ce salon qui sera rythmé par quatre temps forts (lire encadré), il sera aussi question de qualité des produits à travers le Concours général agricole (CGA) qui va départager 6600 producteurs dans différentes catégories alimentaires ainsi que 12 500 viticulteurs, issus des 27 départements viticoles de France. Ces derniers sont cependant moins nombreux qu'à l'accoutumée en raison des intempéries de 2021 (gel et grêle notamment) qui a mis à terre de nombreuses vignes. «Une médaille, c'est entre 18 % et 40 % de chiffre d'affaires en plus pour les agriculteurs selon les catégories», a précisé Olivier Alleman, Commissaire général CGA.

Quatre temps forts

Quatre temps forts rythmeront cette dizaine de jours de salon : tout d'abord Agri'Recrute «l'endroit où il faut voir et être vu». Cet espace Emploi-Formation sera «un lien de rencontres et d'échanges pour découvrir tous les métiers d'une filière», a soutenu Valéry Le Roy, directrice générale du Salon. Deuxième temps fort : Agri'Pro, qui rassemble ce que l'agriculture fait de mieux en termes de savoir faire agricole. Le Village Agri'Pro se tiendra au coeur du Pavillon 1 près du ring de présentation des animaux. Ensuite, le SIA donne la parole, à travers Agri'4.0 à l'innovation, aux start-up et au digital. Ouvert avec 5 start-up en 2016, ce pôle agritechnologique en accueillera 70 cette année dont La Ferme digitale et AgDataHub. Enfin l'espace Agri'Expo consacrera sa troisième édition aux applications non alimentaires de l'agriculture : parpaings en chanvre, textiles en lin, etc. Avec l'objectif d'éveiller le public à l'importance des produits biosourcés.

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