L'Agriculteur de l'Aisne 16 novembre 2020 à 16h00 | Par Actuagri

Recréer le lien entre agriculteur et consommateur

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L’Assemblée permanente des chambres d’agriculture (APCA) organisait, le 12 novembre, un webinaire sur le thème «Biodiversité et alimentation : un avenir commun ?».«On n’est plus dans les rumeurs, mais dans la réalité scientifique. Le changement climatique est une réalité et les activités humaines, en particulier l’agriculture, ont un impact sur la biodiversité», a d’emblée affirmé Bernard Cressens, ancien agriculteur et président de l’Union nationale pour la conservation de la Nature. Pour lui le modèle d’agriculture dominant d’après-guerre, qui n’était «pas parmi les plus précautionneux», est aujourd’hui révolu. Les agriculteurs ont donc quatre défis majeurs à relever : celui de la confiance du consommateur dans la qualité de produits qui lui sont livrés ; celui de la préservation des espaces naturels ; celui de la protection des ressources naturelles (notamment l’accès à l’eau) et enfin la nécessité de retirer de leurs actions un revenu décent et la reconnaissance de la société. Pascal Férey, président de la Chambre d’agriculture de la Manche et responsable du dossier Biodiversité à l’APCA, acquiesce en soulignant que sur ce dossier et celui du changement climatique l’agriculture n’est pas un problème mais «la solution». Pour preuve, les nombreuses initiatives qui se multiplient au plan local comme en Anjou avec le réseau ARBRE (Agriculteurs respectueux de la biodiversité et des richesses de l'environnement) qui accompagne les agriculteurs dans des démarches agroécologiques sur la base du volontariat.

«Répondre aux attentes sociétales»

Ainsi cet éleveur laitier, déjà engagé en agriculture de conservation, a-t-il laissé des bandes enherbées à proximité des haies pour favoriser les zones refuges pour des auxiliaires et réduire ainsi ses intrants. Ainsi ce cultivateur en grandes cultures angevin s’est-il converti à l’agroforesterie en plantant quelques dizaines d’arbres au milieu de ses plaines, en particulier pour constituer et développer un habitat pour les auxiliaires et la faune sauvage mais aussi «pour répondre aux attentes sociétales», a précisé Ambroise Bécot, chargé de mission agriculture et biodiversité à la Chambre d’agriculture du Maine-et-Loire. Celle de Meurthe-et-Moselle a mis en place une filière lentille sur des aires de captage en restauration collective, avec l’objectif de protéger l’eau et la biodiversité et d’apporter un complément de revenus aux agriculteurs impliqués dans cette aventure, «car la Lorraine n’est pas bassin traditionnel de production», a précisé Nicole Le Brun, en charge de la Restauration hors domicile (RHD) à la chambre d’Agriculture de Nancy.

Redonner une ambition aux agriculteurs

Il reste en effet à faire en sorte que ces pratiques puissent être rémunérées à la hauteur des efforts consentis. «Il faut amplifier les nouveaux outils que sont les paiements pour services environnementaux (PSE) car ils redonnent une véritable ambition aux agriculteurs», a plaidé Pascal Férey qui, s’il constate un changement d’approche, aimerait aussi une meilleure reconnaissance à la fois sociétale et financière. Un avis que partage Bernard Cressens qui remarque que jusqu’à présent, les différentes réformes de la PAC n’ont pas beaucoup favorisé la biodiversité. «Quand j’étais agriculteur, on nous indemnisait les parcelles moins les haies. Ce qui a incité certains à les enlever et à s’étonner maintenant que leurs enfants ou petits-enfants qui sont devenus agriculteurs, en replantent», explique-t-il. Mais combler ce fossé qui subsiste entre l’agriculteur et le consommateur n’est pas encore acquis, souligne Luc Servant, président de la Chambre d’agriculture de Charente-Maritime qui appelle à retisser les liens et le dialogue entre les deux acteurs.

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