L'Agriculteur de l'Aisne 16 mars 2021 a 11h00 | Par Gaetane Trichet

La Coopération Agricole s’engage vers la neutralité carbone à 2035

Marc Braidy, agriculteur dans l'Aisne, a été élu président de La Coopération agricole Hauts-de-France. Il nous explique ses motivations.

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Quelle est la place aujourd’hui de la coopération ?

Le modèle agricole est en pleine mutation, notre modèle coopératif aussi. L’important aujourd’hui, c’est de fédérer les acteurs coopératifs, qu’ils soient dans le domaine du végétal ou de l’animal. Si l’on veut que le modèle coopératif garde sa pertinence auprès des exploitants agricoles, il faut le transformer et donc s’y investir. C’est pour cela que j’ai accepté la présidence de La Coopération agricole Hauts-de-France.

Recréer un modèle coopératif. Qu’entendez-vous par là ?

Le rôle premier d’une coopérative est la mise en marché des productions, cela est toujours vrai. Cependant, avec la séparation de vente-conseil effective depuis le 1er janvier 2021, pour les coopératives collecte approvisionnement, nous devons nous réinventer dans l’accompagnement technique de nos adhérents. Il s’agit en effet, de maintenir l’équilibre financier des coopératives et en même temps de répondre aux besoins des agriculteurs. C’est pour cela que l’ensemble des coopératives des Hauts-de-France a opté pour la vente plutôt que le conseil tout en continuant à délivrer des informations concernant les produits à nos adhérents. On est là dans une approche d’accompagnement définie en 2020 et qui reste encore à mettre en place à partir de 2021.

Notre Fédération est le lieu de partage et d’échanges sur les initiatives des uns et des autres. L’esprit de la loi inscrit les différents acteurs dans une démarche de diminution de consommation de phytosanitaires avec pour les coopératives un maintien de la performance technico-économique des agriculteurs, c’est notre mission.

Quelles que soient les productions, les agriculteurs font face à de nouvelles attentes des consommateurs qui remettent en cause nos modèles historiques de production et de transformation. Les coopératives doivent accompagner leurs adhérents afin de répondre aux enjeux climatiques et environnementaux tout en restant compétitifs. Nous nous devons aussi de répondre aux attentes locales, nationales et internationales. Le réseau des coopératives s’est engagé dans une Vision 2035 : «Bâtisseurs solidaires, d’une alimentation durable et de territoires vivants». C’est avec cette raison d’être que la Coopération agricole se met en marche. Le modèle coopératif, qui innerve tout le territoire français, perdurant de génération en génération, est très adapté pour mener les transitions économiques, sociétales et environnementales.

La Coopération Agricole s’est engagée dans la neutralité carbone à horizon 2035, Que pouvez-vous nous en dire ?

La recherche de la neutralité carbone doit être à l’esprit de chaque acteur économique d’ici 2050. La Coopération Agricole a choisi, de manière volontariste, une échéance à l’horizon 2035, parce que l’agriculture a naturellement une place importante à jouer dans ce domaine, voir même, elle a des opportunités à saisir. Au niveau national, La Coopération Agricole a lancé ZEN (zéro émission nette), une ambition de neutralité carbone à 2035. Ce cap ambitieux répond à la nécessité des coopératives agricoles de jouer leur rôle de responsabilité dans la lutte contre le changement climatique. Pour y parvenir, nous devons préserver la compétitivité des exploitations et investir fortement dans ses transitions. Véritablement, l’objectif est de faire en sorte de porter ce projet ZEN et d’être à la fois un acteur à part entière dans la représentation agricole auprès des différentes Administrations, des référents politiques locaux et régionaux. Bertrand Magnien, mon prédécesseur, avait déjà fait un travail conséquent en la matière. La spécificité coopérative est à entendre et doit servir de levier démultiplicateur pour ce cap ambitieux qui doit être collectif. L’enjeu dans un second temps sera pour les coopératives, de vendre les droits carbone et de rémunérer les agriculteurs, dans ce sens.

Les coopératives ont donc besoin de la collaboration avec tous les acteurs ?

Oui bien sûr. Toutes les expériences sont bonnes à prendre. D’ailleurs, notre fédération va poursuivre ses think tanks, ces groupes de réflexions mettant en avant des expériences, des initiatives menées par les uns et par les autres. Tout responsable agricole doit aussi avoir ce temps d’incubation car les idées nouvelles ne se mettent pas en place forcément dans le court terme. Quand on parle carbone, tout est à inventer et on voit souvent des initiatives dans des secteurs parfois différents des nôtres qui nous interpellent, qui apportent des solutions, des comportements nouveaux menés avec une politique basée sur le volontariat. Il faut se remettre en cause, ouvrir son esprit et évoluer pour répondre aux attentes d’aujourd’hui, ce qui nous remettra au cœur de la relation avec nos concitoyens. Sur la question de la neutralité carbone, pour être prêt en 2035 cela se travaille dès maintenant et de façon collective, car il ne faut pas l’oublier, les coopératives appartiennent aux agriculteurs.

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