Congrès mondial de la viandeL’absurdité d’un monde sans viande

06 juin 2012 Actuagri

Maltraitance, cancers, gaspillage des ressources, gaz à effet de serre… A ceux qui préconisent la réduction de la consommation de viande, voire son abandon, il y a des arguments à faire prévaloir. René Laporte et Pascal Mainsant, auteurs d’un ouvrage «La viande voit rouge» les ont développés au Congrès mondial de la viande qui s’est déroulé à Paris, les 4,5 et 6 juin.

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Une marche pour la fermeture des abattoirs à Paris, le 2 juin, organisée par plusieurs associations de défense des animaux, à la veille du Congrès mondial de la viande. Une campagne de communication du groupe de restauration collective, Sodhexo pour sensibiliser ses clients aux vertus des régimes alimentaires sans viande. Le front anti-viande ne désarme pas. L’élevage moderne ferait souffrir les animaux. Il serait responsable du gaspillage des ressources naturelles en détournant des céréales qui seraient mieux affectées à la nourriture des hommes. Autre grief qui prend de plus en plus d’importance avec le réchauffement climatique : l’élevage contribuerait pour une part importante aux émissions de gaz à effet de serre. Enfin la consommation de viande serait nocive pour la santé et à l’origine de nombreux cancers. Autant d’arguments qui sont régulièrement avancés pour mettre l’élevage et la viande au pilori. Au fil du temps, les associations de protection animales se sont radicalisées. Créées au XIXème siècle pour lutter contre la maltraitance des animaux, elles se sont intéressées progressivement à leur bien être. Aujourd’hui certaines d’entre elles vont même plus loin : elles militent pour la libération animale et l’octroi d’un statut juridique aux animaux : objectif accorder des droits aux animaux avec à terme l’interdiction de se les approprier et de les tuer pour se nourrir. En attendant leur démarche est d’inciter l’opinion publique à réduire progressivement la consommation de viande et à renoncer à l’élevage. Sans contestation possible, elles s’inscrivent dans un schéma de décroissance. Autrement dit «à punir l’homme pour sauver l’humanité» ainsi que l’a souligné René Laporte, auteur avec Pascal Mainsant, d’un ouvrage, «la viande voit rouge», pour démonter les arguments du front anti-viande (1).

Viande et intelligence
Première réponse, l’élevage est une activité économique qui fait vivre un milliard de paysans dans le monde et qui représente 40 % de la production agricole mondiale. Quel serait le sort de ces personnes et de leur famille si l’élevage était interdit ? Les associations de protection animale n’apportent pas de réponse. Elles refusent même aux éleveurs l’accès à la modernité et au progrès de la science pour soigner leurs animaux (génétique, l’alimentation, protection de leur santé…). Ces associations oublient que l’Homme est omnivore et qu’à ce titre il est aussi carnivore. D’ailleurs si son lointain ancêtre, l’Australopithèque était végétarien, sa descendance n’a pu survivre que grâce à la chasse et à la consommation de chair. La quête de la nourriture étant aléatoire, l’Homme a inventé l’élevage pour sécuriser son alimentation. D’ailleurs sa physiologie a évolué en même temps. Grâce à la nourriture carnée, il a acquis des caractères propres aux carnivores : le développement des canines et de l’intestin grêle. De l’Australopithèque, il y a 3,2 millions d’années à l’Homo sapiens, 200 000 ans avant notre ère, son cerveau a plus que triplé de volume de 400 cm3 à 1500 cm3, grâce aux protéines animales. Conclusion de Pascal Mainsant : «la viande a fait apparaître l’intelligence». Sur les émissions de gaz à effet de serre, les informations sont souvent tronquées, estime Pascal Mainsant. Les études, les médias n’ont retenu que le chiffre de 18 % avancé par la FAO en 2006. Un chiffre qui tient compte non seulement de l’élevage mais des activités amont et aval ainsi que de la déforestation. D’ailleurs la FAO est revenue sur cette estimation en fixant ces rejets à 10 %, essentiellement du méthane lié à la digestion et du protoxyde d’azote issu des excréments. «A supposer que 25 % des gaz à effet de serre issus de l’élevage soient réduits, cela ne représenterait que 2 % de la masse globale, faut-il s’acharner sur ces 2 % ? Ne serait-ce pas le prix à payer pour avoir du lait et de la viande bon marché ?» s’interroge-t-il. En soulignant aussi qu’il ne peut y avoir de lait sans élevage et sans viande. A moins de devenir végétalien !

Le mystère du panda
Avec ses canines et son intestin grêle, le panda, un lointain cousin de l’ours, a un organisme de carnivore, avec canines et intestin grêle. Mais il est devenu végétarien et se gave de bambous pour se nourrir. «Il est dégénéré et a perdu tout instinct sexuel» observe Pascal Mainsant. Il est aujourd’hui en voie de disparition et la planète ne compte que 1600 individus malgré les efforts qui sont faits pour le sauver. «Méfions nous du végétalisme» avertit Pascal Mainsant.

(1)   La viande voit rouge, de René Laporte et Pascal Mainsant, aux éditions Fayard, prix : 14,5 TTC

 

 

 
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